Maladies respiratoires : comprendre l'asthme et la MPOC

12 septembre 2025


Le lien entre le tabagisme et les maladies respiratoires est très étroit. Et comme si ce n’était pas assez, le vapotage a pointé le bout de son nez il y a maintenant plusieurs années : les produits de vapotage seraient, eux aussi, associés à des symptômes respiratoires. Québec sans tabac a rencontré Sara-Édith Penney, directrice générale du Réseau québécois d’éducation en santé respiratoire (RQESR) et Martine Gagnon, infirmière clinicienne à la retraite et formatrice au RQESR pour parler santé respiratoire. Cet article est le premier d’une série de deux. Pour lire le deuxième contenu, cliquez ici.


Qu’est-ce que l’asthme et la MPOC?

L’association pulmonaire du Canada définit l’asthme comme une affection pulmonaire chronique. Elle est caractérisée par une difficulté à respirer. « On parle aussi de sifflements et d’oppression thoracique », commente Martine Gagnon. Au Québec, plus de 460 000 personnes souffrent d’asthme.

Quant à la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), qui touche plus de 594 000 personnes au Québec, elle est définie par Santé Canada comme une maladie qui provoque le rétrécissement ou le blocage des poumons et des voies respiratoires. Sara-Édith Penney complète : « Les symptômes peuvent se ressembler avec l’asthme, dépendamment de comment la maladie va agir. Soit on parle de beaucoup de toux et de sécrétion, quand ce sont plus les bronches qui sont atteintes. Si les alvéoles sont plus touchées, alors ce sera un gros essoufflement. Le MPOC touche les personnes plus âgées. Les enfants n’ont pas de MPOC ».


Maladies respiratoires et tabagisme et vapotage

Le lien entre tabagisme et maladies respiratoires est étroit, et on ne croit pas si bien dire! Sara-Édith Penney rappelle que le tabac est la cause principale de la MPOC. « Un tabagisme soutenu pendant plusieurs années peut faire des atteintes. Dans des pays comme le Canada, le tabagisme est vraiment la cause de la maladie. Si on ne fume pas, on change le portrait de la maladie ».

La directrice du RQESR espère que les prochaines générations pourront changer le portrait de la maladie, même si elle rappelle qu’une zone d’ombre plane au-dessus du vapotage. « On ne connaît pas encore les conséquences du vapotage dans 20 ans ». Elle souligne que l’organisme œuvre pour communiquer aux personnes qui fument qu’il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer. « Et on travaille également de manière positive pour qu’ils évitent de commencer ».

De plus, le tabagisme aggrave les symptômes liés à l’asthme. « Ce qui rentre dans nos poumons, ce devrait être de l’air. Rien d’autre. On parle de tabagisme et vapotage mais en fait, tout ce qui touche à la fumée ça a un impact sur les poumons » souligne Martine Gagnon.


Des maladies sous-diagnostiquées

L’asthme et la MPOC restent néanmoins deux maladies sous-diagnostiquées. Entre autres parce qu’on a tendance à banaliser les symptômes. « Dans la tête des gens, on devient pas asthmatique à 50 ans. Quand ils sont essoufflés, les gens pensent que c’est dû à une prise de poids, à un manque d’exercice… Je pense à la femme enceinte, elle peut être essoufflée et c’est normal mais elle peut aussi l’être parce qu’elle est asthmatique » poursuit Martine Gagnon, qui insiste sur le besoin d'éduquer la population. « On a développé une série de capsules éducatives et on les partage sur les réseaux sociaux comme TikTok et Instagram pour aider les gens à se questionner » précise Sara-Édith Penney.

Par ailleurs, l’un des chevaux de bataille du RQESR est de briser les mythes autour des maladies respiratoires, comme celui de l’impossibilité de pratiquer une activité physique lorsqu’on est asthmatique. « Il faut les défaire car une personne asthmatique peut avoir une vie tout à fait normale » poursuit l’infirmière clinicienne.

En effet! Les personnes souffrant d’une maladie respiratoire chronique peuvent vivre une vie active si la maladie est gérée et contrôlée. L’éducation en santé respiratoire est d’ailleurs une discipline qui vise à améliorer la qualité de vie des personnes. Pour découvrir comment cette spécialisation peut permettre aux patients de mieux vivre avec leur maladie, découvrez notre portrait de l’éducation en santé respiratoire.